Domaine d'expertise, Francais

Je n’ai plus peur du changement

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Je suis une experte en logistique. J’anticipe, fais 20 plans par minute pour les 30 prochaines années et les modifie constamment pour me sentir en contrôle, préparée… J’essaie de comprendre ce monde, les autres et moi-même. À mes yeux, ce monde et les autres sont fascinants.

Chaque jour, j’aime développer davantage mes programmes de formation pour The Right Latitude. Ainsi, je partage mon expérience et mon analyse avec des personnes qui se lancent dans leur nouvelle aventure sur notre petite ile. Cela me fait plaisir de donner une base et transmettre un sentiment d’appartenance ici à Singapour. Pour moi, c’est la bonne latitude! (Consultez mes services d’Orientation pour répondre à vos besoins immédiats en matière d’installation et ma formation Vie de tous les jours).

Après avoir abordé des questions liées au travail et à la culture dans des articles précédents, je voudrais mettre en lumière la partie familiale du processus d’installation.

Il y aurait de nombreux sujets à considérer en fonction de chaque situation personnelle. Aujourd’hui, je partagerai mon expérience en tant que mère de deux filles «à l’étranger».

À la maison, je suis un peu la mère tigre qui couve. C’est probablement beaucoup pour mes enfants, mais au fil du temps, elles se sont habituées à moi. J’ai la chance d’avoir deux filles en bonne santé, intelligentes, qui souvent me comprennent autant que moi je les comprends.

Après fille numéro un, nous entrons maintenant dans le “marécage adolescent” de fille numéro deux

Jusqu’à présent, j’ai été capable de maintenir un bon niveau de communication avec mon premier enfant et j’admets ouvertement que la période de couches, de pleurs et essuyages du nez ne me manque pas. C’était épanouissant d’une certaine manière, je suis heureuse de l’avoir fait… heureuse maintenant de passer à une autre étape de ma vie.

Revenons au fait: élever des enfants à l’étranger.

Afin d’appréhender notre déménagement du Royaume-Uni à Singapour (souhaité et attendu par nous les adultes), j’ai fait un effort conscient pour garder tous les jouets, dessins, perles et autres objets variés qui rendent fous mais qui semblent être essentiels à la survie («oui bien sûr: je dois garder cette étiquette !!»).

Résultat: cela a fonctionné!

Les deux filles (10 et 5 ans à l’époque) se sont senties rassurées par le fait que «leur maison» serait là pour elles, quelque soit le pays où nous déménagions. Cela les a aidées à se sentir suffisamment en confiance pour conquérir le monde: leur nouvelle école. Avec ses nombreux défis sociaux, elles ont réussi à surfer sur la vague, à évoluer, et à grandir.

Voici par ailleurs une vérité non-dite à retenir dans la communauté des expatriés: cela est temporaire. La plupart des amis-expatriés deviendront des amis à distance à un moment donné et parfois de manière très inattendue. Pour ceux qui sont à Singapour à plus long terme: surveillez le blues de celui qui reste. Les filles ont rapidement compris l’importance des fuseaux horaires pour contacter leurs amis précédents. Conseil: rencontrez autant d’amis que possible de différentes origines.

Résultat: cela fonctionne toujours.

Cela présente de nombreux avantages. Avoir des amis de plusieurs communautés (activités extra-scolaires, quartier, école, centre communautaire, etc.), c’est comme répartir les chances, couvrir votre exposition émotionnelle… et acquérir beaucoup de connaissances en même temps! Cross-culture nous voici!

Jusqu’ici tout va bien, la vie est belle mais peu à peu, furtivement, les années passent. Fini le temps où je pouvais résoudre un problème avec un baiser ou un autocollant. Sans m’en rendre compte, à mesure que je gagnais en confiance pour «résoudre» la plupart des insécurités sociales de fille numéro un, je n’ai pas vu fille numéro deux arriver au tournant…

Bien sûr comme beaucoup de mère avant moi, je n’ai pas vu grandir mon dernier enfant. Maintenant, me voilà au milieu du cyclone: a me disputer, l’envoyer dans sa chambre, de me demander de quelle humeur elle sera lorsqu’elle sortira… Inutile de dire que la situation ne reflète pas mon meilleur profil. Que faire?

La solution m’est venue un jour alors que j’étais déterminée à lui donner une bonne coupe de cheveux. Sa tête, comme son comportement, devenaient incontrôlables. Ainsi en entrant dans le salon, nous étions tendues toutes les deux… En sortant j’entendis: «Maman cela me plaît, je n’ai plus peur du changement!»

À cet instant mon coeur s’arrêta. Le reste de la semaine fut un jeu d’enfant et un plaisir pour nous deux.

Résultat !!!

Voici mon nouveau conseil pour les parents avec des «enfants expatriés»:

Parfois le changement n’est pas le résultat d’un déménagement ou d’un nouvel environnement, mais la simple transition naturelle que l’enfant doit surmonter pour devenir adulte.

Bonne chance à tous et merci à mes deux merveilleuses filles pour m’avoir rendue la personne, plus sage quoique que toujours imparfaite, que je suis aujourd’hui.

Sincèrement,

 

Claire

Photo by Joshua Earle on Unsplash         

 

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