Domaine d'expertise, Francais

Sommes-nous en train de devenir asiatiques?

En lisant et en entendant des déclarations telles que «Le centre de gravité se déplace vers l’Asie», «L’avenir est en Asie maintenant», j’ai commencé à me demander: «Sommes-nous en train de devenir asiatiques?»

Alors que je questionnais ma propre identité, je me suis proposé la devise suivante:

Soit heureuse avec tes réalisations, travaille en vue d’un impact durable.

Il semble que ma volonté prenne le dessus sur ma nationalité ou situation géographique (même Singapour)*. C’est alors que mon intérêt s’est orienté vers la notion de temps. Ce n’est pas un concept ou une propriété asiatique, mais comme je vis à Singapour, je remarque que ma conception du temps a évolué**.

On pourrait dire que je vieillis mais ce n’est pas la seule vérité. Je suis amenée maintenant, à voir  le temps de façon cyclique et moins sur une base linéaire. Faire les choses en pensant au très long terme, avoir le sentiment que de bonnes actions rapportent éventuellement leurs fruits, sont à présent plus significatifs et ont plus de sens pour moi. Ce n’est pas quelque chose que vous pouvez expérimenter lors d’une expatriation courte, mais c’est quelque chose que l’on peut comprendre. 

En Asie, cette notion prévaut. Par exemple, dans le cadre professionnel, on peut être surpris par une décision qui n’est pas dans l’intérêt premier du gestionnaire. Essayez alors de voir la situation dans son ensemble et vous verrez les avantages à long terme.

Une autre notion défiait ma compréhension: comment “passé” “présent” et “futur” peuvent-ils interagir? Au début, pour moi, cela était très séquentiel et même si j’adhérais à la notion de cycles (par exemple les saisons), je ne voyais pas comment le “passé” et le “futur” pouvaient interagir.

Je pouvais voir par ailleurs que différentes cultures attribuent différents niveaux d’importance à chaque concept (passé/présent/futur…)***. Encore une fois, cela se retrouve dans le cadre professionnel parmi un environnement interculturel. Par exemple, on pourrait dire que la culture britannique attribue de l’importance au “passé” (ie: ensemble de traditions ancestrales, notion de précédent dans la “common law”…).

En Asie, le temps semble être plus fluide. Même à Singapour, avec son usage également de la common law et son ensemble de règlementations, le “passé” et le “futur” ont tendance à se mélanger, à tournoyer, à se nourrir l’un de l’autre. En effet, Singapour est ouvertement “orientée vers l’avenir” tout en faisant souvent preuve de respect et attention soutenue pour le passé et les “anciens” (générations Pioneer et Merdeka). “Le passé et le futur sont les raison de ce que nous faisons maintenant”.

Cela commence à avoir un sens …

Finalement, la science est venue à ma rescousse un matin alors que j’écoutais le  reportage d’un géologue qui expliquait comment il avait étudié les tsunami passés (fréquence des événements dans un échantillon de sol) qui l’avaient aidé à comprendre l’avenir (prochain événement possible). Ainsi faisant il était devenu capable d’influencer le présent (nécessité ou non de déplacer la population locale). Pour moi “la lumière fut”. Il s’agissait là, d’un exemple réel et pratique qui illustrait parfaitement ce qui m’intriguait, mettant fin à mon enquête à ce sujet.

À travers cet article, je souhaitais illustrer et partager un sujet interculturel et souligner à quel point les interprétations pouvaient être intéressantes et variées. 

Être en Asie aide à être plus conscient et avisé. Ces différentes façons de voir et comprendre les choses (dans le cas présent: le temps) apportent des outils particulièrement utiles quand on se retrouve confronté à de nouveaux défis (dans la vie professionnelle ou non). Sur cette base, et grâce au temps lui-même, je pense que je deviens un peu plus asiatique.

N’hésitez pas à me contacter.

Sincèrement, 

Claire

Photo by Lee Aik Soon on Unsplash / Photo by Echo Grid on Unsplash

*Sujet intéressant peut-être pour une autre fois.
**Note à part: le temps tel que nous le connaissons n’existe pas, nous ne sommes qu’une conséquence des événements. Lire plus de “The Order of Time” de Marco Rovelli.
***  Riding The Waves of Culture by Fons Trompenaars and Charles Hampden-Turner: excellent chapitre sur ce sujet

 

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